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Big mamma, je t’aime mais voilà pourquoi je te quitte

Chère mamma, tu ne t’attends probablement pas à cette lettre mais je crois qu’il est temps de te dire ce que j’ai sur le coeur.

Notre histoire a commencé au mois de juin 2015. Tout le monde parlait de toi, de tes produits italiens et de tes pâtes à la truffe à tomber par terre. J’ai voulu dîner chez toi une première fois, accompagnée d’un ami qui ne vient pas de Paris avec qui nous aimons faire de nouveaux restos. Je lui avais déjà fait le coup de la file d’attente décourageante chez Frenchie le bar à vin, en lui promettant qu’il ne le regretterait pas. Il ne l’a pas regretté, nous parlons encore aujourd’hui de leur lobster roll qu’on a commandé en guise de dessert, prêts à faire tout le tour de la carte.

Cette fois-ci, la file d’attente faisait largement le double et j’ai eu un peu plus de mal à la justifier à mon ami : « C’est quoi ce coup-ci ? », « Un très bon italien qui apparemment fait de super pizzas ». Je pourrais te décrire la grimace de mon ami (italien) mais passons. On a décidé de laisser tomber alors que je l’avais un peu pressé pour qu’il soit là à 19h tapantes (il habitait en banlieue). Bref, première déception. Ce soir-là, nous avons dîné chez Allegra (qui fait d’ailleurs de très bonnes pizzas).

J’ai réussi a venir chez toi plus tard, pour la première fois. J’ai couru (comprendre : marcher très vite) dans les rues, j’ai couru dans le métro pour arriver à temps dans une file d’attente déjà bien entamée avant 19h. Est-ce que j’ai bien mangé ? Oui, complètement. Il y a des choses que j’ai moins aimé comme la 4 fromages, les bruschettas sans grand intérêt, mais tout le reste était vraiment bon. Par contre, j’en ai sué pour avoir une table.

Je suis revenue bien plus tard après les grandes vacances avec un ami qui connaissait la maison et a choisi nos plats. C’était délicieux, sincèrement. Je peux te parler longtemps de ton jambon de Parme, de ta straciatella fumée (et de tes cocktails). On était passé un peu par hasard un mardi soir et on avait trouvé une table. Miracle. Toi et moi, on était en train de passer l’éponge sur ton premier refus. Du moins, c’est ce que je croyais.

Je suis revenue avec trois amies, j’ai stressé tout le monde pour qu’elles soient là à temps pour nous mettre sur ta liste. Je crois même que j’ai été légèrement agressive avec celle en retard (tout ça pour de la pizza, tu vas me dire que je dois être un peu folle). On a dû poireauter une heure trente dans le café du coin pour pouvoir dîner chez toi.

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Je suis revenue, tu nous as refoulées alors qu’il était 19h15. Ce qui veut dire qu’on avait quitté le boulot avant 19h pour être devant ta porte à temps. Complet. Tu nous as dit que les gens venaient s’inscrire sur ta liste dès 18h et là je me suis dit qu’il y avait un souci. Je pourrais poursuivre cette missive en majuscules tant tu m’as énervée ce soir-là, petite mamma. On avait faim, on s’était débrouillé pour être là très tôt et tu nous refusais ce qu’on planifiait depuis trois jours. Je ne sais pas si parfois des gens s’interposent entre toi et ta pizza mais tu verras que ça peut rendre irritable. Ce soir-là j’ai eu le sentiment d’avoir appris des gros mots en italien rien que pour toi.

J’ai fini par me dire que tu ne nous méritais pas, que je ne comprenais pas ton système de réservation. Qu’avec tout le personnel que tu emploies, il y en a bien un qui serait capable de répondre au téléphone ? Je me suis dit tout ça et j’ai fait une croix sur nous. Tu me mets de mauvaise humeur car je te trouve bien orgueilleuse, petite mamma. Pour qui tu te prends quand la plupart des meilleurs restaurants de Paris prennent des réservations même des semaines à l’avance ? Pourquoi jouer sur ma frustration de cliente comme ça ? Un jour je suis arrivée très tôt et ta liste était déjà noircie de noms. Il y a donc des petits malins qui réussissent à réserver ? Ô injustice, ô foutage de gueule.

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Je me suis dit qu’il fallait que je te dise un peu ce qui se passe sur ta planète : quand tu fais poireauter les gens dehors à Oberkampf, la file d’attente coincée entre ta terrasse et la route finit par baver hors du trottoir et les voitures klaxonnent les petits foodies affamés (imagine le fait divers et ris jaune). Quand tu nous permets de patienter à l’intérieur, c’est devant une foule de tiroirs où toutes les deux minutes, un serveur viendra chercher un truc et nous donnera le sentiment de le déranger. Quand les gens arrivent chez toi, ils font la gueule car ils ont vécu ce que j’ai vécu : quitter le boulot trop tôt pour dîner trop tôt ou pour faire la queue sans garantie de manger un bout de pizza. Ils sont tendus et quand ils ont l’impression que quelqu’un passe devant eux, ils râlent et flippent (c’est du vécu).
Aussi, tu ne laisses pas s’installer les groupes quand il manque une seule personne, ce qui nous permet d’assister à des scènes assez rigolotes où les gens sont au téléphone en train d’enguirlander sévèrement le retardataire : « De toute façon t’es toujours en retard, on ne peut jamais compter sur toi ». Un restaurant c’est un endroit où bien manger, certes. Mais quand t’es au bureau toute la journée, tu aimes te réjouir et te dire que tu vas pouvoir te détendre un peu, non ? Eh bien sache que tu nous STRESSES.

Alors bien sûr que c’est bon, bien-sûr que tu remplis ton contrat avec des prix attractifs, bien-sûr qu’on aime bien l’accent italien de tes serveurs et tes toilettes vitre sans tain un peu chelou (drôle de fantasme pour le coup), mais tu m’as coupé l’appétit trop de fois pour que je repasse par le même cirque.

Au-delà de ta cuisine aux petits oignons, j’aimerais que tu penses un peu plus au bien-être de tes clients, c’est tout. N’es-tu pas censée être une sorte de mamma italienne bienveillante qui cuisine des plats en sauce ? Eh bien travaille ta bienveillance, s’il te plait. J’ai contacté la personne en charge de ta com qui m’a dit, un peu irritée par mes interrogations : « oui mais ça fait un an que ça marche ». Ah bah oui. Tant qu’on sera assez con pour jouer le jeu ça fonctionnera, petite veinarde !

Photo de couverture :  Fanny B / ParisBouge.com

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