Qu’est-ce que le quantified self ?

Qu’est-ce que le quantified self ?

On vous parle quantified self pour cette rentrée ensoleillé, vous ne savez pas ce que c’est ? Il y a pourtant de grandes chances que vous l’utilisiez déjà !

C’est la rentrée ! On revient de vacances, on se relance dans les études ou le travail et on oublie déjà les bonne habitudes que l’on avait prises pendant l’été. Les fruits se transforment en snacks et les salades en pâtes. On se dit qu’on s’y remettrait bien mais qu’un petit coup de pouce serait le bienvenue. Et on pense à ces nouvelles technologies dont on entend tant parler, si intuitives et inspirantes, qui nous « suggèrent » ce qu’il faut accomplir ou manger. Notre assistant personnel du «bien manger». De cette tendance naît le Quantified Self.

couv-quantified-self

“Si tu peux le mesurer, tu peux le changer”

Cette expression que l’on pourrait traduire par le “soi quantifié” ou “auto-mesure de soi” est un mouvement qui tire profit de ce que les nouvelles technologies apportent aujourd’hui. De la simple balance qui calcule l’IMC (indice de masse corporelle) à la puce RFID implantée sous la peau, cela permet ainsi de recueillir des données sur la personne. La plupart du temps, ces données sont automatiquement collectées via ces dispositifs.

Qui n’a pas déjà vu une photo Instagram #healthy d’un bol de granola, d’un(e) ami(e) à la salle de sport ou sur Facebook d’un partage de parcours running effectué ?  L’exhibition de notre mode de vie est devenue monnaie courante et les outils de partage ne cessent de se multiplier. Applications, bracelets connectés, montres, balances connectées, podomètres et capteurs sont les objets les plus courants de ce marché en vogue. En avril 2013, on recensait déjà pas moins de 90 000 applis dédiées à la santé et au bien être et ce nombre ne cesse d’augmenter.

Les paramètres quantifiables sont variés:

  • La nourriture consommée
  • Les calories ingérées
  • Les niveaux d’oxygène du sang
  • Les niveaux de glucose

Il est possible également de mesurer de nombreux autres aspects de notre vie comme les habitudes de sommeil, la productivité, etc.

Une meilleure qualité de vie ?

Un bénéfice visible est la possibilité de mesurer en permanence et de manière précise des données à un instant T afin de prendre les mesures nécessaires pour obtenir de meilleurs résultats de santé.

www.whil.com

La possibilité d’utiliser le portable peut également permettre aux médecins de surveiller à distance l’état de santé de leurs patients et offre des avantages clairs pour améliorer la prestation des soins de santé.

De plus, dans la « culture du like » dans laquelle nous vivons, le partage (sur les réseaux sociaux) est devenu un facteur motivant pour beaucoup de monde, les données transmises à la communauté leur permettent de se motiver les uns les autres et de faire des progrès.

Et c’est dans cette époque de besoin de prévention du surpoids et d’obésité que l’éveil des consciences par rapport au corps et à l’alimentation est devenu primordial. Des campagnes ont ainsi été lancées (manger/bouger par exemple), les technologies aident aussi dans ce sens, c’est le cas de la campagne Walmart avec son caddie connecté et ses détecteurs de pulsations cardiaques, qui permettent de quantifier entre autres la dépense calorique du client lors de chaque visite.

Des dangers à ne pas négliger

Cependant et malgré toutes ces avancées prometteuses, on se doit d’y mettre un ola. Car si nous sommes bien dans une ère de partage, il s’agit ici de données importantes qui nous concernent directement, des données sur nos habitudes alimentaires, notre forme physique, notre état de santé, etc. Nous avions l’habitude de transmettre ces informations uniquement au médecin traitant, une relation de confiance étant établie avec celui-ci, ne serait-ce que par le secret médical. Quand vous utilisez un Fuelband, un Fitbit ou un MiCoach, la première question à se poser est donc de savoir avec qui vous les partager.

Le Jawbone, un des trackers d’activité les plus plébiscités par les consommateurs

Le second risque est de voir apparaître une alimentation et un bien être de norme, une cuisine faite de produits conseillés, une activité pour la journée fortement suggérée par un coach personnel virtuel, etc. Cela pose bien évidemment la question du libre arbitre mais va aussi amplifier des problèmes bien connus déjà sur les réseaux sociaux que sont l’anxiété et le stress de certaines personnes face à la pression du groupe.

Ici un dispositif bientôt sur le marché permettant de scanner directement l’apport calorique de votre assiette. Lien vers l’article complet

Manger, bouger, ne pas penser ?

Et pour finir, je reviens sur cette question de libre arbitre, ce sentiment de ne pas avoir son mot à dire sur ses actions et pour vous immerger dans cette dimension je vous conseille pour cela de lire le scénario prospectif rédigé par le cnil qui expose la journée typique de Léa, femme ultra-connectée.

Pour information (et pour ne pas rester dans la fiction), la société italienne Rhea Vendors lance la Luce X2 Touch TV. Cette machine ne vous permet d’acheter des collations et des boissons que si vous passez un certain nombre de scans. Un logiciel de reconnaissance faciale détermine votre âge, gabarit et humeur, et c’est alors à la technologie elle même de décider des achats que vous êtes autorisé à faire. Le X2 Luce peut même aller un peu plus loin: elle peut être liée à des dossiers médicaux et des bases de données et se rappeler l’historique de votre achat. Votre avis ?

Vous l’avez compris, le sujet est bien plus complexe et sensible qu’il n’y parait du fait des nombreuses applications et utilisations du quantified self, mais quelques conseils pourraient vous aider à garder le contrôle pendant le passage du cahier de recettes de votre grand mère à cette table connectée.

Ainsi, nous vous conseillons avant toute chose l’utilisation d’un pseudonyme sur les plateformes et applications ce qui permettra de garder un certain niveau d’anonymat.

Le fait également de supprimer vos données lorsque vous n’utilisez plus un des services est une sécurité en plus, vous ne savez pas comment l’application par exemple va évoluer et comment la sécurité des données sera gérée dans le futur.

Et enfin un dernier point important, si l’application ou le dispositif est utilisé pour un usage médical (pour un suivi par exemple), vous devriez vous assurer des informations transmises par ce biais, celles ci étant classifiées et utilisées dans vos dossiers médicaux.

Sinon, si vous aimez être « géré » on vous conseille le Mother et ses Motion Cookies, que vous pouvez programmer pour contrôler quasiment toute votre routine de vie. Il porte bien son nom en quelque sorte.

Mais à une époque ou tout est mesurable et quantifiable, où les mots « optimisation » et « indice de performance » sont utilisés pour presque tout, peut-on et doit-on vraiment adopter le même schéma quand il s’agit de notions aussi vastes que l’alimentation et la santé  ?

Sources :

http://www.cnil.fr/

http://international.foodinspiration.com/en/magazine/9761/785220/quantified_self.html

1 Commentaire

Publier un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It on Pinterest