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Comment atteindre la résilience alimentaire en France ?

Pandémie, réchauffement climatique, épuisement des ressources, effondrement de la biodiversité… Ce que nous traversons nous rappelle la nécessité d’une résilience alimentaire à l’échelle régionale et nationale.

La crise sanitaire que nous vivons n’est qu’une énième alerte qui prévient des limites de notre système actuel. Le système alimentaire que nous entretenons est vulnérable et les différentes crises systémiques le prouvent. Dans ce contexte, Les Greniers d’Abondance plaident pour développer la résilience alimentaire de nos territoires. L’association a identifié 11 leviers d’action pour réussir cette transition agricole et alimentaire plus que jamais nécessaire.

Si vous êtes déjà familier.e avec les notions de résilience et avec les risques liés au réchauffement climatique, à l’agriculture intensive et à l’épuisement des ressources, nous vous invitons à vous rendre directement à la partie « résilience alimentaire mode d’emploi’ plus bas dans l’article.

Que signifie « résilience » ?

La « résilience » est le nouveau mot à la mode. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? En sciences physiques, la résilience désigne la capacité d’un matériau à retrouver son état initial après avoir été soumis à une perturbation extérieure (choc, déformation, élévation en température). En écologie, la résilience est la capacité d’un système vivant à retrouver les structures et les fonctions de son état de référence après une perturbation (comme une crise). Autrement dit, ce concept désigne la capacité d’un territoire à garantir la sécurité alimentaire des habitants, dans un contexte de perturbations multiples et imprévisibles.

Pour retrouver ces structures et ces fonctions, l’association Les Greniers d’Abondance s’est donné pour objectif de proposer un ensemble cohérent d’actions et initiatives à mettre en œuvre à leur échelle. L’association d’Auvergne Rhône-Alpes vient d’ailleurs de publier un rapport pour présenter les différents leviers à mettre en place, pour faire face aux menaces globales à l’échelle des territoires.

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© Publication sous licence Creative Commons NC-BY-SA 4.0

Observons d’un peu plus près notre fonctionnement pour nourrir les hommes. La quasi-totalité de la production agricole d’un département est exportée et la quasi-totalité de sa nourriture est importée (cherchez l’erreur). 30 000 semi-remorques traversent chaque jour notre pays pour approvisionner usines, entrepôts et grandes surfaces alimentaires. Certes, ceci nous permet d’avoir accès à une offre qui n’a jamais été aussi importante. Mais la production demande de nourrir notre terre ! En effet, on ne vous apprend rien lorsqu’on vous dit que les plantations ont besoin d’eau, d’engrais, et d’énergie fossiles.

Il y a 50 ans, nous pouvions encore parler de développement durable. En effet, nous avions le temps et les ressources nécessaires pour cela. Or, nous sommes désormais sortis de ce paradigme en ayant puisé une (trop) grosse partie des énergies disponibles sur la planète.

La résilience alimentaire, pourquoi faire ?

Pour arriver à l’abondance alimentaire que nous connaissons aujourd’hui, nous avons imposé à la Terre de nombreux sacrifices. Et c’est aujourd’hui que nous en percevons les conséquences. Premièrement, l’appauvrissement et la sécheresse des sols agricoles. Les records que nous battons aujourd’hui deviendront une généralité et une « normalité » d’ici 2050.

Ensuite, nous avons au fil des années développé une dépendance malsaine au pétrole avec la mécanisation de l’agriculture (notamment intensive). Cette énergie peu chère est aujourd’hui abondante. Elle est utilisée à la fois pour faire fonctionner les machines mais également pour transporter la marchandise. Mais jusqu’à quand ? Certains spécialistes nous donneraient encore 20 ans pour en profiter, d’autres beaucoup moins. C’est pourquoi il est essentiel de sortir de cette dépendance. Que se passerait-il par exemple si l’acheminement des marchandises n’était plus possible en grande-surface ? Nous vous recommandons de regarder cette série pour avoir une idée plutôt réaliste des conséquences en France.

Aussi, la biodiversité s’effondre. En 10 ans, deux tiers des insectes ont déserté les champs, ce qui impacte à la fois la pollinisation et la régulation des parasites nécessaire à la protection des plantes contre des ravageurs et autres maladies.

Enfin, l’agriculture intensive dégrade la fertilité des sols et la qualité nutritive des productions.

Pour réagir face à ces conséquences désastreuses, Les Greniers d’Abondance ont publié un rapport détaillé faisant la synthèse des enjeux relatifs à la résilience alimentaire. L’objectif est à la fois de comprendre les menaces mais également de proposer des solutions pour agir pour chaque maillon du système alimentaire et nourrir durablement les hommes et les femmes.

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Résilience alimentaire, mode d’emploi

Pour réagir face à la situation, l’association a mis en place 11 leviers et voies de résilience.

#1 Augmenter la population agricole. Cela fait des années maintenant que le nombre d’agriculteurs ne cesse de baisser en France. Pourtant, c’est le comportement inverse que nous devrions adopter. L’objectif est d’empêcher la disparition d’un quart des agriculteurs d’ici 10 ans en développant le nombre de fermes diversifiées pour une production agricole résiliente.

#2 Préserver les terres agricoles. Il est vrai que les villes tendent à s’agrandir et s’étaler au fil des années. Ce phénomène conduit à la suppression des terres agricoles qui voient alors pousser des logements ou usines. Les Greniers d’Abondance militent pour une suppression nette de l’artificialisation. Seul moyen de mettre un terme à la disparition des sols périurbains fertiles, indispensables à la résilience alimentaire des villes.

#3 Favoriser l’autonomie technique et énergétique des fermes. On évoquait précédemment l’épuisement des énergies fossiles nécessaires à la production. Pour pallier ce manque, l’association propose de créer et développer des filières locales de conception, de construction et de réparation d’outils, ainsi que de se diriger vers une indépendance énergétique.

#4 Diversifier les variétés cultivées et développer l’autonomie en semence. Afin de mieux se préparer aux crises et s’approvisionner au maximum en produits issus de circuits-courts, Les Greniers d’Abondance souhaitent développer un réseau local de sélection et de partage des semences adaptées au terroir.

#5 Adopter une gestion intégrée de la ressource en eau. Parmi les premiers touchés par le réchauffement climatique, les agriculteurs doivent faire face chaque année aux sécheresses de plus en plus sévères. Il est impératif d’économiser l’eau et de mettre en place des systèmes adaptés pour arroser les plantations.

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#6 Evoluer vers une agriculture nourricière. Pour nourrir les hommes à l’échelle locale, il est nécessaire de diversifier les cultures et productions afin de satisfaire au mieux la population proche.

#7 Généraliser l’agroécologie. Il sera également nécessaire de mettre en place une transition agricole à grande échelle, pour restaurer les paysages, la biodiversité, et préserver les ressources.

#8 Développer des outils locaux de stockage et de transformation. Si nous voulons que la résilience alimentaire soit complète, nous devons nous donner les moyens de traiter localement notre production. Laiterie, silos et moulins doivent alors faire partie à nouveau du paysage local.

#9 Simplifier et raccourcir la logistique et l’achat alimentaire. C’est à dire réduire notre dépendance aux transports pour nous alimenter, grâce à des commerces de proximité et des filières de distribution locales.

#10 Manger plus végétal. En effet, réduire notre consommation d’aliments d’origine animale et privilégier les filières de qualité permettront d’économiser les terres et les ressources !

#11 Recycler massivement les nutriments. Pour maintenir la fertilité des sols, le retour au champ des nutriments exportés lors de la récolte représente une alternative durable aux engrais chimiques. Parmi les solutions, l’urine et les nutriments qui y sont présents, seraient considérés comme l’engrais du futur.

Nous avons tous un rôle à jouer

Pour mettre en place l’ensemble de ces solutions, non seulement une grande partie de la population devra être volontaire mais l’application de ces leviers devra être orchestrée par les élu.e.s locaux.

Ces derniers peuvent jouer un rôle déterminant pour renforcer la résilience alimentaire de leur territoire. D’ailleurs, Les Greniers d’Abondance les encouragent à faire de la résilience alimentaire un pilier structurant de leur politique. Ceci afin d’assurer notre sécurité alimentaire face aux incertitudes et aux crises que notre société peut rencontrer. L’association est ainsi convaincue qu’en mettant en place ces solutions, ces derniers amélioreront les conditions de vie d’un territoire et en particulier celles des agriculteurs ! Chez Cru, nous sommes également convaincu.e.s que cette transition alimentaire ne pourra se faire qu’avec l’engagement des entreprises, des consommateurs et des citoyens que nous sommes.

La crise du Covid sera-t-elle l’élément déclencheur pour une résilience alimentaire à l’échelle nationale ?


Pour télécharger gratuitement le rapport, rendez-vous ici
Pour plus de renseignements : contact@resiliencealimentaire.org

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